Transports exceptionnels : le gouvernement fait la sourde oreille

25 08

Les transports exceptionnels, qui acheminent toutes les pièces importantes et indivisibles,  sont un maillon indispensable à toute chaine  industrielle (énergie,  bâtiment,  génie civil, construction mécanique, etc.). Jusqu’à présent, leur accompagnement par des policiers est obligatoire. Une réforme est en cours qui  permettra  une  externalisation  des  missions  d’accompagnement. Le Ministère de  l’Intérieur a anticipé cette  réforme et réduit la disponibilité des forces de l’ordre  sans attendre  la  mise en place réglementaire du  nouveau dispositif. L’UFL,  syndicat affilié à TLF, attire l’attention des pouvoirs publics sur les risques d’une telle situation face à laquelle le gouvernement fait la sourde oreille.

Dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), une réorientation des forces de l’ordre sur leur mission  principale de maintien de  l’ordre, a été décidée. Ces dernières n’assureront plus les missions d’accompagnement des transports exceptionnels, lesquels, composés de grues de grand tonnage et de véhicules spéciaux, servent à l’acheminement des pièces de grande taille  à  destination  de  l’industrie,  du  bâtiment et du génie civil (éoliennes  pour EDF, pièces d’assemblage pour Airbus, éléments de cuves pour les centrales électriques, etc.).

Certes,  les pouvoirs publics ont prévu une réforme permettant le recours à des  sociétés privées d’accompagnement. Cependant, la nouvelle réglementation   encadrant ces futurs « guideurs professionnels », préparée en collaboration avec les  organisations professionnelles,  dont  l’Union Française du Levage (UFL), syndicat professionnel affilié à TLF, qui devait s’appliquer dès juin 2010 n’entrera au mieux en  vigueur qu’à compter du 1er trimestre 2011.  L’Administration a retardé sa mise en oeuvre pour des considérations liées à la  formation professionnelle. Il n’en demeure pas moins que selon les organisations professionnelles, les raisons avancées ne sont pas de nature à empêcher une expérimentation transitoire faisant appel à des « guideurs professionnels » bénéficiant de l’équivalence. Il est à noter que les professionnels du secteur se sont déjà organisés pour ce faire.
En  attendant, force est de constater que les  transporteurs de convois exceptionnels   se trouvent confrontés à une situation catastrophique : les effectifs d’accompagnement du Ministère de l’Intérieur ou leur disponibilité ont en effet été réduits sans que le dispositif d’accompagnement privé ne soit encore en place.

Malgré les mises en garde répétées des professionnels du secteur, dont l’UFL, l’Administration feint d’ignorer les risques occasionnés par une telle situation tant pour les industriels que pour les usagers de  la  route (retards  de  livraisons,  ruptures  d’approvisionnement  dans  l’industrie,  embouteillages monstres, etc.) et de ne pas entendre la demande de solution de remplacement provisoire prônée par nos organisations. Dans ces conditions, on peut redouter que les ports de Dieppe, Rouen, Nantes-St Nazaire et d’autres ports ainsi que les postes frontières ne soient encombrés par des convois positionnés sur la route mais non accompagnés.
Il serait pourtant pour le moins étonnant et affligeant, si malheureusement les  pouvoirs  publics refusaient les propositions avancées, d’apprendre que des forces disponibles auraient été affectées ailleurs…, laissant pour compte le monde du travail et nous signifiant ainsi que dans notre pays, il est traité sans égard.

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